Les dossiers>>>>>Pourquoi manger bio?

L'agriculture biologique ne saurait se résumer au seul respect d'un cahier des charges purement technique, même le plus exigeant. Consommer bio, c'est avant tout s'engager dans une démarche favorable à une agriculture paysanne, humaine, durable et solidaire. C'est un moyen d'exprimer son refus du système productiviste. C'est une manière de se prononcer en faveur de l'émergence d'une société nouvelle, refusant la maltraitance animale, respectant l'homme, son environnement et n'hypothéquant pas le devenir des générations futures.

Respecter l'environnement, faire confiance à la nature

"On ne commande à la nature qu'en lui obéissant." Francis Bacon

Le principe fondateur de l'agriculture biologique repose sur le respect strict des liens et des équilibres naturels entre le sol, les plantes et les animaux. L'animal nourrit le sol qui nourrit la plante qui nourrit l'animal ou l'homme.

En bio, on ne parle pas de la trilogie "NPK" que l'on voit sur les sacs d'engrais minéraux. On s'attache à préserver et enrichir la teneur en humus des sols qui constitue véritablement leur richesse. Ce n'est pas par hasard que humus et homme viennent de la même racine...



D'autre part, l'agriculture biologique refuse les pesticides car ils menacent l'environnement et donc les hommes. En effet, on estime que 100 000 produits chimiques, omniprésents, et parmi eux quelques milliers de pesticides, sont responsables, chaque année, de 150 000 décès prématurés en France.

D'ailleurs, en 1991, la Commission européenne, décidait de procéder à l'évaluation de la toxicité des pesticides autorisés dans l'Union européenne avant 2004 (directive 91/414). Dans son bilan publié en 2002, Paul Lannoye, député européen, précise :
"Moins de 5 % des substances actives composant les pesticides (soit 31 sur 834) ont été examinées à ce jour", et ce "par des procédés critiqués par le Parlement européen lui-même".

En consommant bio, les citoyens contribuent à préserver leur environnement. Et si les produits bio sont plus chers, c'est parce que l'agriculture biologique intègre, "internalise" son coût environnemental contrairement aux produits conventionnels. Ce que vous ne payez pas au supermarché, vous le payez sur votre facture d'eau, vos impôts. Ainsi le programme Bretagne Eau Pure 1 a coûté 10 milliards de francs pour un résultat faible et le programme Bretagne Eau Pure 2 coûtera autant.

Manger bio pour se faire du bien

"Que votre aliment soit votre médicament." Hippocrate

Ce point constitue un sujet très critiqué et très controversé notamment par les professionnels de l'agriculture et de l'agroalimentaire car, selon eux, il n'y a "aucune preuve" de ce que les agrobiologistes et consommateurs de produits bio avancent. Nous pouvons répondre aujourd'hui à ces personnes qu'elles ne savent pas lire. En effet, des rapports de l'OMS, de la FAO confirment la supériorité nutritionnelle des aliments bio. Ces aliments sont supérieurs ne serait-ce que par leurs teneurs moindres en nitrates et en résidus de pesticides.

Un homme pensait également que la bio offrait des produits, nutritionnellement parlant, identique. C'est le professeur Henri Joyeux, célèbre cancérologue de Montpellier, spécialiste de la chirurgie digestive et de la nutrition. Face à l'insistance de ses patients, il a décidé de mener une étude comparative sur la qualité des produits.

Cette recherche, menée à Montpellier conjointement avec le docteur Mariette Gerber, nutritionniste à l'INSERM, consiste à analyser vingt produits courants : fromage, viande, lait, œufs frais, légumes, huile d'olive, pêches, lentilles, pois chiches, oignons, vin rouge et petit épeautre (une céréale ancienne proche du blé). Ces aliments ont été divisés en trois groupes : un tiers vient de l'agriculture conventionnelle (usage de pesticides et d'engrais chimiques), un tiers de l'agriculture dite « raisonnée » (moins de pesticides et d'engrais) et le dernier tiers de l'agriculture biologique (qui n'en emploie aucun).

De cette étude, ils disent : « Nous avons trouvé plus de vitamine C dans les légumes bio, notamment dans les salades. Cela veut dire par exemple plus de chances dans la lutte antiinfectieuse, antiallergique, immunostimulante, antioxydante, antistress... Mais aussi plus de lycopène (une substance intéressante dans la prévention du cancer) dans les tomates, plus de calcium et de phosphore dans les oignons, plus de zinc dans le petit épeautre, moins de nitrates dans les pommes de terre et dans tous les légumes cultivés sans engrais ni pesticides chimiques de synthèse... Les volailles bio, plus nourrissantes, ont la chance de grandir en plein air et deux fois plus longtemps que leurs collègues conventionnées. » Il présente les résultats dans son livre (cf notre page Les livres utiles).

Mais manger bio, ne consiste pas simplement à remplacer les aliments habituels par des ingrédients issus de culture biologique. Cela correspond à une démarche alimentaire de qualité. Elle n'a rien de triste et n'est pas nécessairement végétarienne. C'est toute une hygiène de vie et une recherche d'équilibre alimentaire qui privilégie la diversité, la fraîcheur, les aliments préparés et cuisinés « maison ».

Consommer bio, un nouveau rapport à l'homme

Créer, inventer et réinventer de nouvelles méthodes de culture fondées sur le respect des cycles naturels, sur la spécificité des terroirs, sur les attentes profondes des individus par rapport à leur santé : non seulement la bio cultive sans pesticides, mais elle prend également en compte dans leurs moindres nuances les avancées de la lutte biologique comme les découvertes nutritionnelles les plus récentes. Elle affine sans cesse son adaptation aux modifications environnementales suivies de près par ses organismes certificateurs. Elle préfère le principe -responsable- de prévention au principe -réactionnel- de précaution. Mature depuis longtemps, bien définie à l'échelle planétaire dans son rapport à l'Homme, la bio est une démarche globale, une agriculture en mouvement : une culture de la vie.

Elle milite pour une agriculture à visage humain, pour des échanges équitables. Consommer bio c'est devenir un acteur de relocalisation de l'économie par la mise en place de marchés de proximité. C'est une lutte concrète contre les OGM qui n'ont d'intérêt que pour les transnationales.

© La ferme bio du Manoir de Coatleau - 2004
"consommer", "dossier"