Notre ferme bio>>>>>Comment cultivons-nous?

Zéro engrais chimiques, seulement du compost

Le compostage, obligatoire en agriculture biologique

Nos animaux produisent des déjections (lisier et surtout fumier) pendant la période hivernale, à l'étable. Dans un système où la surface de cultures est réduite, il fallait trouver un moyen de les valoriser d'une autre façon.

Depuis quatre ans, je pratique le compostage de l'ensemble du fumier produit par la ferme. Au printemps, le fumier est stocké dans une parcelle réservée à cet effet. Cette parcelle est hors des zones sensibles (pentes, cours d'eau à proximité, bassin versant). La technique de compostage est très simple : elle consiste à passer le fumier dans un épandeur classique qui reste sur place. Ainsi on forme un tunnel d'environ 2,50 m de hauteur et 3 m de largeur. La longeur est en fonction du fumier disponible.

Un moyen d'assainissement des déjections.

En général, je l'épand en automne. Il sert à la fois comme fertilisant et d'amendement (améliore la structure du sol et corrige son pH) pour mes sols. Il peut être alors comparé à l'humus.

Le compostage consiste à favoriser la décomposition du fumier en humus par les bactéries. Ces bactéries sont aérobies et nécessitent un apport d'oxygène fournit par le broyage du fumier. Au bout de quelques jours, le tas monte en température : l'activité microbienne est intense. Cette montée en température est nécessaire pour éliminer les parasites ou tout autre virus et maladies mais aussi les graines d'adventices présentes dans les déjections. C'est en quelque sorte, une pasteurisation.

Au bout de six mois, nous obtenons un tas qui est réduit au 2/3, sans aucune odeur. Par ailleurs, on peut remarquer que les plantes s'y plaisent en poussant dessus et il n'est pas rare de trouver des insectes comme les guêpes (très importante pour l'écosystème) y nicher. A présent, nous avons un produit disponible pour épandre sur les prairies à raison de 20 m3 par hectare.

Zéro pesticides, seulement des techniques alternatives

Le désherbage mécanique

Malgré les rotations et les associations culturales, des adventices apparaissent quand même dans Les cultures. Seulement, le cahier des charges en bio interdit l'emploi de produits chimiques de synthèse (que ma santé ne supporte plus). J'utilise alors la herse étrille dans les céréales et le maïs. Son action est uniquement une action mécanique. Elle va arracher les mauvaises herbes lorsqu'elles pointent. Cela nécessite plusieurs passages.

Il faut remarquer que la herse étrille a un effet physique intéressant pour le sol car elle peut casser la croûte de battance et ainsi aérer le sol. Elle est utilisée dans les pâtures également au printemps afin d'enlever la mousse.

Les rotations culturales

La meilleure façon de lutter contre les mauvaises herbes c'est de ne pas en avoir! La rotation des cultures au contraire de la monoculture permet d'éviter l'installation de mauvaises herbes qui pourraient gêner le rendement de la parcelle en gardant à l'esprit que si une adventice trouve sa place dans une parcelle c'est qu'elle est signe d'un déséquilibre. Il faut donc alterner les cultures entre celles qui épuisent le sol et celles qui l'enrichissent. Une période de cinq ans minimum en prairie est nécessaire pour reconstituer les réserves d'azote du sol avant un retour en céréales ou autres cultures à graine. La rotation sur une parcelle s'effectue donc en dix années environ (5 années en prairie, 5 années en culture avec chaque année, une culture différente).

© La ferme bio du Manoir de Coatleau - 2004
"cult", "ferme"