Notre ferme bio>>>>>La nourriture de nos animaux bio

En agriculture biologique, l'alimentation des animaux est très encadrée. A la ferme du manoir de Coatleau, la ration des vaches (herbivores par définition) se compose essentiellement d'herbe qui est pâturée ou conservée sous forme de foin (jamais en ensilage). L'hiver, un peu de maïs ensilage vient compléter le menu pour éviter une chute de lait trop importante. Nous pensons arrêter cette culture dans les années à venir par commodité. Des concentrés énergétiques et protéiques produits sur la ferme par des méthodes biologiques (bien sûr) complémentent la ration afin de répondre aux besoins des animaux toute l'année.

De l'herbe, beaucoup d'herbe.

L'objectif de l'exploitation est de produire le maximum de lait de février à novembre en bénéficiant pleinement du pâturage. Les vêlages se déroulent donc de février à septembre.

Auparavant, nous étions confrontés à une forte contrainte : le morcellement de notre ferme sur deux communes n'était pas favorable au pâturage de l'herbe par nos vaches laitières (terres trop éloignées). L'agrandissement de janvier 2000 (cf historique), nous a fait passer d'une superficie de 9 à 24 ha disponibles pour le troupeau.

Le trèfle blanc, moteur de la prairie.

La production laitière étant produite essentiellement par l'herbe, il est nécessaire de disposer d'un fourrage appétant et en quantité suffisante de février à septembre. L'association du ray grass anglais et du trèfle blanc présente toutes ces qualités.

Le ray grass anglais a de nombreux avantages. C'est une graminée de type diploïde avec une montée en épi très tardive. De plus, il donne de gros rendements, il est appétant et riche en valeur alimentaire. Enfin, il résiste au piétinement et a une très bonne longévité (10 ans).

Quant au trèfle blanc, son avantage est le fait qu'il soit une légumineuse. Par conséquent, il est le moteur de la prairie. Il répond aux besoins d'azote du ray grass en fixant l'azote de l'air par ses nodosités (petites bactéries qui possédent une enzyme spécifique : la nitrogénase) présentes dans ses racines. Il n'y a donc pas besoin d'apporter des engrais de synthèse (interdits dans le règlement de l'Agriculture biologique). Les nodosités et les restitutions (bouses, urines) des animaux suffisent à répondre aux besoins azotés de nos prairies.

Le pâturage, une gestion du stock fourrager "sur pied".

A la sortie de l'hiver pour réussir la saison de pâturage, les parcelles doivent être bien rasées. En effet, le trèfle se développe en présence de la lumière d'où la nécéssité de bien maîtriser la hauteur du pâturage.

Au mois de mai, la pousse d'herbe est plus importante. Il nécessaire alors de délaisser des parcelles pour faire du foin, fourrage principal l'hiver. Après la fauche, ces parcelles sont destinées à constituer le stock sur pied pour passer l'été.

Après le ramassage du foin, il faut de 35 à 40 jours de pousse d'herbe avant de constituer un stock sur pied.

Pendant la saison estivale, le trèfle a plusieurs atouts :

- faire pousser la graminée

- de disposer d'un fourrage appétant valorisé par les animaux

- d'empêcher la prairie de "griller" en période sèche

Très peu de maïs en hiver.

La culture de maïs au sein de notre assolement reste intéressante à deux niveaux:

- elle permet de sécuriser notre système de production pour la saison hivernale de décembre à fin janvier, en assurant une ration alimentaire intéressante pour le troupeau laitier

- elle permet de réaliser une bonne tête de rotation. Ainsi après 8 à 9 années de prairies RGA-TB, une culture de maïs ne pose pas de problèmes majeurs. En effet, il n'y a aucune fumure à apporter (les reliquats azotés de la prairie suffisent) et la maîtrise des mauvaises herbes est aisée

Le maïs en culture bio pose un problème par le risque de contamination par des cultures OGM (que la bio refuse, cf Comparaison de différentes agricultures).

Un concentré énergétique: le mélange céréalier.

L'objectif en agrobiologie est de rechercher l'autonomie maximale dans tous les domaines (économique, énergétique...) Il en est un très important, celui des matières premières qui constituent l'alimentation du troupeau. Cette recherche d'autonomie s'explique par le souci de traçabilité et de qualité des aliments, valeurs très chéres aux agrobiologistes. D'autre part, il est plus économiquement intéressant de produire sur la ferme l'alimentation du troupeau car le coût des céréales bio est très important. Enfin, c'est dans un souci écologique qu'il est nécessaire de rechercher l'autonomie. En effet, ceci évite les transports inutiles de matières premières coûteux en énergie et polluants (cf page autonomie).

Le mélange céréalier à ce titre trouve sa place en agriculture bio. En effet, il fournit au animaux, l'hiver, un concentré équilibré en protéines et en énergie et est appétant. Personnellement, je réalise deux types de mélange :

- triticale-avoine-pois

- triticale-avoine-féverole

Le mélange céréalier est très simple à mener. La présence d'avoine assure une bonne couverture du sol et du fait de la diversité des plantes, je n'ai pas de souci au niveau des maladies. En associant plusieurs espèces, on atteint un équilibre entre le sol, la plante et les micro-organismes.

Le mélange se récolte à la moissoneuse batteuse au mois d'août. Il est stocké à la ferme dans un silo à céréales. Il sera ensuite applati et distribué aux animaux l'hiver venu.

Des protéines autoproduites : du lupin blanc.

Le lupin est un protéagineux essentiel à cultiver pur disposer d'une source de protéines fiable et identifiable pour l'alimentation animale en agriculture biologique. L'afflux de sources protéiques "bio" depuis diverses origines, invérifiables ou méconnues et à des niveaux spéculatifs doit conduire le plus grand nombre à s'engager à produire tout ou une partie des protéines dont il a besoin. C'est une affaire de cohérence et de réflexe de sécurité pour pérénniser les productions de l'agriculture biologique et une agriculture autonome. Le lupin est ma principale source azotée durant l'hiver.

 

© La ferme bio du Manoir de Coatleau - 2004
"prod", "ferme"